Webinaire en ligne
Le samedi 6 juin 2026, de 10h00 à 12h00, African Women for Natural Resources en sigle AWNR a organisé sur la plateforme Zoom un webinaire portant sur le thème : « Les femmes face à la gestion des revenus du secteur minier en RDC : enjeux et expériences ».
D’après le rapport ITIE RDC 2023 et l’agence Standard & Poor’s (S&P), Le secteur minier en République Démocratique du Congo (RDC) a généré plusieurs milliards de dollars. Cependant, bien que le secteur représente un levier stratégique pour le développement économique et social, notamment à travers les revenus qui y sont générés; La valorisation durable des ressources minières repose encore sur des mécanismes de gouvernance peu transparents, caractérisés par une faible redevabilité, une faible inclusion et une absence d’équité.
Les femmes sont, majoritairement, exclues des mécanismes de gouvernance des ressources minières ainsi que des revenus qui en sont issus. Cette réalité renforce leur sous-représentation au sein des institutions chargées de la gestion des revenus miniers, en particulier de ceux destinés au développement local.
La Note d’analyse de l’implication des femmes dans la gestion de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières en RDC, publiée par AWNR en 2025, vient en complément au rapport précédent et révèle que les femmes ne représentent que 21 % des membres impliqués dans la gestion des dotations minières au sein des organismes spécialisés chargés de leurs administrations, une situation qui limite fortement leur influence sur les décisions relatives à l’allocation et au suivi des ressources destinées au développement local. Toutefois, ce chiffre ne concerne qu’une partie des revenus, notamment ceux comptabilisés au niveau des fonds infranationaux, et ne reflète pas l’ensemble de la participation des femmes à la gestion de ces fonds dans le secteur extractif.
En l’absence de données complètes et consolidées, il est néanmoins reconnu que les femmes sont symboliquement présentes dans d’autres mécanismes de gestion des revenus miniers. Malgré cette présence, elles demeurent largement sous-représentées, moins autonomes et insuffisamment incluses dans les sphères de décision et de gestion de ces revenus miniers destinés au développement local, comparativement aux hommes.
Dans un contexte où le secteur minier constitue un moteur essentiel de l’économie congolaise et génère des revenus considérables pour le pays, AWNR réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance minière inclusive en offrant à travers ce webinaire en ligne, un cadre de réflexion et de dialogue sur la participation des femmes à la gestion de ces revenus affectés au développement des communautés, une préoccupation qui demeure un enjeu majeur. ce, malgré leur contribution significative au sein des communautés affectées par les activités d’exploitation minière, qui les impactent directement tant sur le plan socio-économique qu’institutionnel.
Ce webinaire a réuni plus de 53 participants dont des acteurs et actrices engagés dans la gouvernance des ressources naturelles afin d’échanger sur les défis rencontrés par les femmes, de partager des expériences inspirantes et d’identifier des pistes d’action pour renforcer leur participation effective à la gestion des revenus miniers affectés au développement local, susceptible de servir également de modèle et de source d’inspiration pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.
Déroulement des échanges

Le webinaire s’est articulé autour de deux séquences. La première, consacrée aux enjeux liés aux revenus issus des ressources minières pour les femmes, a bénéficié des interventions de :
Mr Marthyns Masunguna, expert en gouvernance inclusive à ONU Femmes RDC, a souligné que les politiques publiques, notamment le Code minier, restent insuffisamment sensibles à l’approche genre. De plus, ce manque d’articulation entre les cadres nationaux et locaux sur cette aspect, renforce les inégalités existantes. Cette lacune limite la participation des femmes aux instances de gouvernance et à la gestion des revenus miniers, réduisant ainsi leur accès aux bénéfices et à la prise de décision.
Mme Johanna Kamala, Directrice pays AWNR en RDC, orientant son intervention en s’appuyant sur la note d’analyse de l’AWNR publiée en 2025, elle a mis en évidence la légère progression de la représentation féminine au sein des Organismes spécialisés chargés de la gestion des dotations minières, passée de 10 % en 2022 à 21 % en 2024. Cependant, elle a déploré la faible participation des femmes aux consultations communautaires, ce qui limite leur influence sur la gestion des ressources. Elle a recommandé une intégration effective de la dimension genre dans toutes les structures de gouvernance des revenus miniers visant le développement local en RDC afin de garantir une participation plus équitable des femmes.
Me Jean-Pierre Okenda, Directeur Exécutif de Sentinel RDC, a mis en évidence le déficit de données fiables sur la participation des femmes dans la gouvernance minière. Il a appelé à renforcer la production de données sexospécifiques, notamment dans les OS, les cahiers des charges et les institutions de gestion des fonds de développement local, afin d’améliorer la transparence et l’inclusion dans la gouvernance de ces ressources minérales.
Tandis que la seconde partie du webinaire s’est, à son tour, concentrée sur le partage d’expériences de femmes issues des pays d’Afrique de l’Ouest, à travers les interventions de :
Professeure Hadjaratu Wahka Haidara (Sénégal) a illustré la résilience des femmes dans les zones minières à travers des stratégies économiques informelles et des actions de médiation sociale. Malgré leur rôle central dans la cohésion communautaire, elles restent exclues des mécanismes formels de gouvernance. Elle a également souligné les limites de la mise en œuvre du mécanisme de 0,5 % prévu par le Code minier sénégalais, à travers le Fonds d’appui au développement local (FADL), encore peu opérationnel. Cette situation aurait entraîné un manque à gagner estimé à 32 milliards de FCFA en 2024 pour les communautés, en raison notamment de l’exclusion des femmes d’après l’ITIE, dont l’implication aurait permis une meilleure prise en compte des besoins sociaux et de gestion.
Mme Mariama Mame Barry (Guinée), a présenté le Fonds de Développement Économique Local (FODEL), et évoqué l’existence d’autres mécanismes de financement du développement local mis en œuvre grâce à l’apport des revenus miniers en Guinée. Toutefois, malgré ces avancées institutionnelles, elle a déploré la faible implication des femmes dans la gestion de ces ressources à cause des raisons socio-culturelles et l’insuffisance de dispositifs sensibles au genre dans leur législation. Face à cette situation, les organisations de la société civile mettent en place des groupes de discussion (focus groups) afin de recueillir les besoins et de favoriser la participation des femmes en prenant en compte leurs avis pour les soumettre aux autorités. Cependant, malgré ces efforts, l’inclusion des femmes demeure un défi majeur à relever dans leur pays, comme dans plusieurs autres pays africains.
Recommandations
Les échanges ont permis de dégager des recommandations clés, consignées dans le rapport détaillé et destinées à alimenter les efforts de plaidoyer pour une meilleure prise en compte du genre dans la gouvernance des revenus miniers destinés au développement local.
N.B : Pour consulter l’ensemble des recommandations, veuillez télécharger le rapport détaillé.
Conclusion
Les discussions ont mis en évidence la persistance de l’exclusion des femmes dans la gouvernance des revenus miniers en RDC et dans plusieurs pays africains, malgré l’existence de cadres juridiques et de mécanismes de redistribution. Les barrières socioculturelles, le manque de données ainsi que capacité et l’insuffisance de dispositifs sensibles au genre limitent leur participation et affaiblissent la gouvernance inclusive. Il est plus qu’urgent d’intégrer une approche genre dans les politiques et les mécanismes de gouvernance afin de garantir une gestion plus inclusive, transparente, équitable, et durable des revenus miniers au service du développement local.
Pour consulter le rapport détaillé, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous afin de le télécharger :



Félicitations à tous et toutes.
Si la femme de parle pas, les lois seront silencieuses
Merci de percer cet aspect de choses.
Les mines impactent les femmes d’abord, mais la quotité, redevance, cahiers de charges, DOT, dans le Code minier et règlement minier 2018, oublient le pourcentage spécifique à la femme, comme inventeuse du quotidien et la première impactée par les effets environnementaux de l’exploitation minière industrielle.
Que la femme parle pour faire parler les lois.
THUMBA MUTSHIMA SYLVIE
CHERCHEUSE SUR L’EXPLOITATION MINIÈRE INDUSTRIELLE ET GOUVERNANCE, PRÉSIDENTE INTERNATIONALE DU BUREAU D’ÉTUDES ET FORMATION.DES ELUS, ELUES, POINT FOCAL DU MOUVEMENT LAUDATO SI GRAND KATANGA ET ARCHIDIOCÈSE DE LUBUMBASHI
POINT FOCAL NATIONAL DE LA FRANCOPHONE ZERO PLASTIQUE RDCONGO.
CHEF DE TRAVAUX/ SCIENCES SOCIALES POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES.
CONFÉRENCIERE.
UNIVERSITÉ DE LUBUMBASHI/RDCONGO.
0894913121